29.01.2010
Haïti : 2012, l’année Carnaval pour changer par Dan Albertini*, journaliste haïtien.
Nous présentons aujourd'hui : Haïti l'Année Carnaval pour Changer. Cela coïncide avec l’arrivée de la fin du calendrier maya, nous l’avouons. Mais nous l’interpellons aussi, c’est une grande culture qui enrichit encore, qui se réintroduit, dans la culture numérique mondiale. C’est l’histoire. La nature avait pris rendez-vous le 12 janvier dernier, l'histoire prend rendez-vous en février 2012
L’Afrique avait ses entrées en Haïti bien l’an 1 de la république, on a retrouvé une puissante école de culture d’origine au lendemain de notre indépendance. Elle constituait l’essence même d’une transmission qui croisait les fers avec les sédiments importés de l’Europe et d’ailleurs. Elle existe encore aujourd’hui. La manifestation de cette âme afro culturelle a traversé ses déserts pour finir par forger une ambiance chaleureuse qu’on retrouve dans la naissance du carnaval haïtien. L’infatigable… S'il existe une chose que les Haïtiens n'ont jamais oublié, c'est précisément ce qu'ils n'ont pas non plus abandonné, même s'ils se sont dispersés à travers le monde. D'autres peuples qui nous ressemblent à plus d'un égard, se veulent merveilleux quand ils s'y produisent, pourtant Haïti demeure un carrefour incontournable qui sait rivaliser. C’est de cette richesse culturelle que nous proposons aujourd’hui : 2012 l’Année Carnaval pour Changer.
Quand la thématique de cet article a été présentée peu avant la fin de l’année 2009 sur Réseau HEM Europa et, adaptée aussi pour une revue mensuelle internationale, nous avions voulu l’adapter pour ContinentPremier.Com aussi. Cependant nous étions loin de penser qu’une catastrophe allait s’abattre sur le pays du carnaval. Nous étions loin d’imaginer aussi que le président du Sénégal allait conséquemment révolutionner le langage africain dans les relations profondes avec les Haïtiens. Un concours de circonstances malheureuses allait reconfirmer les allées culturelles communes existantes.
Ailleurs en Afrique, on parle de rythmes communautaires masqués, de rituels et de déguisements, le son en grand renfort pour sceller les rendez-vous qui ont fini par traverser vers d’autres frontières comme au Québec avec Tumbuktu les arts africains, nuit d’Afrique, etc. Si les liens d’origine avec Haïti ont été anémiés depuis l’abandon du costume indigène à Port-au-Prince, cela a malgré tout poussé les anciens Dahoméens à se rechercher, à se refondre. Si Disney savait, si Haïti pouvait !
Le carnaval est un patrimoine universel certes, cependant, Haïti est carnaval ! Comme le carnaval est un attribut de la fierté haïtienne. C’est la culture. 2012 serait dans le calendrier des Griots, l’Année Carnaval pour Changer. Il faut fêter et célébrer cette richesse avec le monde tout en accueillant les paroles du président Wade du Sénégal, dans le respect des existences.
Haïti a besoin de changer pour le meilleur avec la participation de tous ses ancêtres. De tous ses amis. De l’UNESCO comme indicateur des mœurs. Le Carnaval peut l’offrir sans exclusion, 2012 en ce sens est un rendez-vous que partagera l’Afrique. Plus que jamais Haïti a besoin du jus ancestral de la référence pour remonter une pente du creuset d’un séisme du 12 janvier alors que le plan carnavalesque se concrétisait pour cette année. L’Afrique présentera-t-elle ses masques, les Go de Koteba viendront-elles nous rappeler ? Le Carnaval haïtien ira-t-il à Abidjan !
Il faut se comprendre au départ, on parle d'organiser, de planifier, de réaliser l’Année Carnaval. Nous sommes loin de la pensée anarchiste, d’un registre imaginaire, nous sommes dans un monde de carnaval, 365 jours pour relancer le pays. Sa culture, ses arts, ses artisans. Célébrer ses artistes, ses musiciens, ses troupes de danse, ses bandes à pied. Faire le deuil du 12 janvier.
Ce n'est pas une illusion mais un très grand tableau festif de culture. C’est une industrie culturelle qui engagera les forces créatrices du pays - on en reparlera après les 365 jours 1/3.
Ce n'est pas une folie, c'est une expression qui libère. Ce n'est pas impossible, nous le faisons tous les jours gras depuis des lunes mayas, des récoltes de café… . L'étendre, même en Afrique, le rentabiliser, l'exporter comme culture de partage, c'est un but avéré qui interpelle : participation de Venise, implication de Pasto, intégration de Québec… etc. L’Afrique entière devrait s’y retrouver.
La gestion d'évènements culturels majeurs tels que Cannes, Festi Jazz à Montréal, SuperBowl aux Etats Unis, Mostra de Venise... etc. est une source d’inspiration profitable. Sécurité, divertissement, consommation, industries dérivées, tout pour conjuguer l’économie.
2012 peut ainsi donc constituer un exercice rentable pour la culture haïtienne, pour le Carnaval Haïtien étendu à travers tout le pays, dans le but de faire évoluer, de redécouvrir, de partager. D'enrichir les rythmes, d'aller plus loin. Se dépasser.
Haïti n'est plus à l'an un, ni à l'an dix du carnaval, où les bandes originales des provinces étaient assimilées aux démoniaques, tandis qu'elles héritaient de cultures ancestrales africaines. Haïti n'est plus à l'ère du Champ de mars. Haïti a atteint l'âge de faire des bonds après cette catastrophe. De se remettre debout, d’avancer, de se faire apprécier. Nous en avons déjà parlé dans Haïti la Nation a Besoin de Stars, dans Haïti, une vision pour Carrefour autonome. Nous présentons aujourd'hui : Haïti l'Année Carnaval pour Changer. Cela coïncide avec l’arrivée de la fin du calendrier maya, nous l’avouons. Mais nous l’interpellons aussi, c’est une grande culture qui enrichit encore, qui se réintroduit, dans la culture numérique mondiale. C’est l’histoire. La nature avait pris rendez-vous le 12 janvier dernier, l'histoire prend rendez-vous en février 2012
Les grands axes devraient se déterminer en vertu de la participation de tout le pays et de nos forces culturelles communes. Une double pédagogie inclurait une émancipation nouvelle plus large pour préparer l’avenir dans la continuité et récupérer le passé harmonieux de notre mental, mais surtout pour rassurer un touriste culturel évadé qui nous reviendrait. Vers notre culture.
C'est aussi un exercice qui réinventerait notre artisanat dans la qualité et dans l’originalité. Un exercice économique qui aurait pour but d’ensemencer rapidement la décentralisation au même titre que les caisses de l'état. C'est enfin une mesure qui permettrait de mieux inventorier les talents, les sites à haut potentiel de développement.
2012 est en soi l’un agenda d’un nouveau départ !
*Dan Albertini, journaliste Réseau HEM – Canada, est correspondant de presse à l’ONU –
18:39 Publié dans Société - People | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : haiti année carnaval, dan albertini, continent premier, haiti, séisme, onu


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