05.02.2010

l'excision: un prétexte pour assouvir la demande des hommes en femmes vierges!

« La forte demande des hommes en femmes vierges, est la cause principale de la persistance de l’excision en Afrique », me confiait, à Genève, l’anthropologue mauritanien Abdoulaye Sow attendu, cet après midi, à 14 heures, dans une réunion débat à Uni Dufour. Pourtant  l’excision ne garantit pas toujours la virginité recherchée.

« Les hommes « jouent » et ensuite demandent à épouser des femmes vierges. », lance le chercheur mauritanien qui a lui-même refusé de faire excisé sa fille. En effet, la virginité, cette denrée devenue rare de nos jours, a selon M. Sow trois fonctions. Elle constitue, premièrement, une arme à l’usage de la femme pour rappeler au mari inconstant l’obligation à lui rester fidèle. Deuxièmement, la virginité est un bien inaliénable. C’est-à-dire en cas de divorce, la femme peut garder tous les biens que lui avait donnés son époux. C’est donc un mécanisme d’acquisition des biens, explique Abdoulaye Sow. C’est le prix du sang versé. Enfin, la virginité, symbolise la notion de pureté et d’honneur.

Selon l’UNICEF suisse, 7.000 femmes sont concernées par l’excision. 
Une enquête faite par l’équipe de recherche sur les mutilations génitales féminines (MGF) dirigée par M. Sow révèle qu’en Mauritanie près de 75% des filles, n’étaient plus vierges au moment de leur mariage. Dans des sociétés islamisées comme l’Egypte, siège d’Al Azhar, des médecins se font eux de l’argent en refaisant la virginité perdue des femmes. Sur le dos de l’ignorance, ces docteurs s’enrichissent !

La mort au bout du couteau


« J’ai vu une fille excisée mourir. Je ne voulais pas que ma fille en fasse l’expérience. Je voulais la mettre à l’abri de cette bêtise ». Le combat personnel du Mauritanien a remis en question tant de prétendues valeurs africaines inscrites dans un certain marbre de l’orthodoxie culturelle. Un sacré condensé qu’on ne discute pas ! « Une identité ne se décrète pas », tranche Abdoualye Sow qui a formé seize (16) médiatrices culturelles de quatre communautés « excisantes » en Suisse : somalienne, soudanaise, érythréenne, et éthiopienne. avec l’aide de l’Etat de Genève, et dans le cadre du projet de la lutte contre les MGF du Service de la promotion de l’égalité qui lutte contre les violences faites aux femmes.

De l’origine de l'excision?

Les Africains n’ont pas le monopole de la barbarie. De nombreuses sociétés ont pratiqué l’excision dont on trouverait même des traces en Europe. Les origines de l’excision, avance-t-on, ne sont pas connues et datées scientifiquement, remonteraient à Abraham, au mariage du roi d’Egypte avec la belle Nefertiti dont on a voulu dominer l’appétit sexuel. Au Sénégal, chez l’ethnie des Hal Pulaar, on fait remonter l’origine à la métaphore du mythe du poisson « Coumba Kadala ». Ce dernier est un merveilleux poisson qui, à la nage, laisse apparaître son organe génital.

Il est donc clair que les religions du Livre, n’ont rien à voir avec l’institution de l’excision qui est une pratique très ancienne, même si dans certaines sociétés on justifie cette pratique en invoquant des prétextes religieux et particulièrement des recommandations de l’Islam. Pratique-t-on l’excision à la Mecque ? Non ! En Indonésie, le plus grand pays musulman au monde, l’excision est aussi inconnue.

Il faudrait dès lors une combinaison des efforts intellectuel, médical avec une réelle volonté politique, pour lutter contre l’excision.
Les hommes politiques ont un impérieux devoir envers les populations qu’ils doivent protéger.

Pour le Pr Abdoulaye Sow, la victoire sur l’excision passera par un devoir de mémoire, d’éveil, de déconstruction et de propositions alternatives.

Nb : Cette note pour poursuivre le débat de ce matin avec Pascal Décaillet qui recevait Mme Fabienne Bugnon, directrice du Bureau des droits humains,  et l’auteur même de ce texte, sur Radio Cité et pour vous donner un avant goût du débat de cet après midi à l’Université de Genève.

Infos sur le Débat : ce vendredi 5 février 2010, à l'Université de Genève. Cet évènement aura lieu de 14h à 17h à l'Auditoire Rouiller (UNI Dufour, U300 1er s/sol).

Vous pouvez écouter l’émission de M. Décaillet sur:

http://radiocite.ch/menu-143-39-07h08h-%3A-p-decaillet.html


El Hadji Gorgui Wade NDOYE,

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